Mi-juillet, les terrasses de la Corniche sont pleines, les calanques prises d’assaut, et les agendas des cabinets esthétiques se vident d’une partie de leurs soins. Ce n’est pas un hasard. Sous le soleil provençal, plusieurs traitements de la peau deviennent risqués, parce qu’une peau agressée et exposée aux ultraviolets fabrique des taches qui peuvent durer des mois. D’autres gestes, en revanche, s’accommodent très bien de l’été. Voici le calendrier que suivent, dans les grandes lignes, les dermatologues et médecins esthétiques de la région, et les raisons qui le justifient.

En bref
- Les traitements qui agressent la surface de la peau (peelings moyens, lasers fractionnés, lasers pigmentaires et vasculaires, épilation laser) se programment de préférence en automne et en hiver, sur peau non bronzée.
- La toxine botulique et les injections d’acide hyaluronique restent possibles l’été, avec quelques jours de précautions.
- Une peau bronzée absorbe une partie de l’énergie du laser : risque de brûlure et de taches.
- Après un soin, la protection solaire suit les règles de Santé.fr : ombre entre 12 h et 16 h, crème d’indice 50 renouvelée toutes les deux heures, chapeau et vêtements.
- Un programme d’épilation laser démarré en octobre ou novembre a l’essentiel de ses séances derrière lui avant l’été suivant.
Pourquoi le soleil change le calendrier
Lorsque la peau est irritée, par un acide, un laser ou une simple inflammation, ses cellules pigmentaires s’emballent facilement. Exposées aux ultraviolets, elles produisent un excès de mélanine qui laisse une tache brune, que les médecins appellent hyperpigmentation post-inflammatoire. Elle finit souvent par s’estomper, mais en plusieurs mois, et parfois au prix d’un traitement dépigmentant. Les peaux mates et foncées, nombreuses à Marseille, y sont plus exposées.
Le bronzage pose un second problème, propre aux lasers. Le faisceau d’un laser d’épilation vise la mélanine du poil ; sur une peau hâlée, il rencontre d’abord celle de la surface. La Société française de dermatologie l’écrit sans détour dans sa fiche sur le laser épilatoire : il est « plus simple de traiter une peau débronzée ». Elle ajoute qu’en cas de taches après une séance, il faut parfois « laisser passer un été » pour que tout rentre dans l’ordre.
Enfin, la lumière provençale ne se résume pas aux mois d’été. Santé.fr rappelle que les ultraviolets passent à travers les nuages et que la réverbération sur les surfaces claires, eau et sable notamment, augmente l’intensité du rayonnement. Entre la mer, le calcaire des calanques et les façades claires, l’exposition reste forte d’avril à octobre.
Ce qui se fait très bien en été
La toxine botulique
Le soleil n’est pas une contre-indication à la toxine botulique, qui agit sur le muscle et non sur la surface de la peau. Les consignes des premières heures (ne pas s’allonger, ne pas masser, éviter l’effort intense) s’appliquent toute l’année. Seule nuance estivale : les lunettes de soleil serrées ou les lunettes de piscine appuyant sur les zones injectées sont à éviter le jour même. La toxine, en revanche, ne protège pas des rides solaires.
L’acide hyaluronique, avec quelques jours de marge
Les injections d’acide hyaluronique sont réalisables en juillet, à condition d’éviter, les jours suivants, l’exposition solaire intense, le hammam et le sport soutenu, le temps que gonflement et ecchymoses se résorbent. Beaucoup de patients préfèrent toutefois l’automne ou le printemps, à distance des vacances et des baignades. Pour un mariage ou un événement estival, prévoyez au moins trois semaines entre l’injection et la date, de quoi permettre une retouche.
Les peelings superficiels très doux
Un peeling léger, à l’acide glycolique peu concentré par exemple, reste envisageable chez une personne capable d’une protection rigoureuse. C’est une exception plus qu’une règle, et la décision revient au médecin après examen de la peau, comme l’explique notre page sur les peelings médicaux.

Ce qui attend l’automne
L’épilation laser
C’est le soin dont le calendrier se pense le plus tôt. La Société française de dermatologie évoque un traitement de plusieurs séances espacées de quatre à dix semaines selon la zone. Commencé en octobre ou en novembre, sur une peau débronzée, un programme a donc le temps de se dérouler avant les premières baignades. Démarré en juin, il bute sur le bronzage. Depuis le décret du 24 mai 2024, ce soin peut être réalisé en institut par un esthéticien formé, sans que la contrainte solaire disparaisse pour autant : notre page sur l’épilation laser détaille le cadre et les précautions.
Les peelings moyens et le resurfaçage laser
Un peeling moyen à l’acide trichloracétique entraîne, selon la SFD, une éviction sociale de quatre à huit jours, et sa fiche d’information insiste : « une protection solaire rigoureuse est capitale ». Même logique pour le laser fractionné, qui exige une protection totale tant que persistent des rougeurs. Sous un ensoleillement qui se prolonge souvent jusqu’en octobre, la fenêtre la plus sûre court de novembre à février. Le resurfaçage laser fait au printemps pour « avoir une belle peau cet été » expose précisément au risque de taches que l’on cherchait à éviter.
Les taches, la couperose et les tatouages
Les lasers pigmentaires et vasculaires obéissent à la même règle. L’Assurance Maladie précise que les séances de laser pour la couperose se pratiquent sur une peau claire non bronzée, de préférence l’hiver ; notre page sur la couperose situe la fenêtre marseillaise de novembre à mars. Pour les taches pigmentaires, l’été sert surtout à préparer le terrain : une tache brune doit d’abord être examinée par un dermatologue, et le mélasma se traite avant tout par une photoprotection sans relâche. Le détatouage d’une épaule ou d’une cheville, zones exposées en été, se poursuit lui aussi plus sereinement de l’automne au printemps.
Le calendrier, saison par saison
| Période | Plutôt adapté | Plutôt à éviter |
|---|---|---|
| Juin à août | Toxine botulique, acide hyaluronique (hors veille de vacances), consultations, photoprotection | Peelings moyens, lasers fractionnés, lasers pigmentaires et vasculaires, début d’épilation laser |
| Septembre | Bilan de peau, examen des taches, injections | Lasers sur peau encore hâlée |
| Octobre à février | Épilation laser, peelings moyens, resurfaçage, couperose, taches, détatouage | Exposition aux sports d’hiver sans protection après un soin |
| Mars à mai | Fin des programmes laser, peelings superficiels, injections | Nouveaux soins agressifs à l’approche des beaux jours |
Ce tableau est indicatif. Le bon moment dépend de votre phototype, de votre exposition réelle (un été en bureau climatisé n’est pas un été en bateau), du soin envisagé et de l’avis du médecin.
Après un soin : la protection, sans compromis
Quelle que soit la saison, les recommandations de Santé.fr forment la base : éviter le soleil entre 12 h et 16 h en métropole, rechercher l’ombre, porter chapeau et vêtements couvrants, appliquer une crème d’indice 50 anti-UVA et anti-UVB toutes les deux heures et après chaque baignade. Une crème complète la protection mais ne la remplace pas, et ne doit jamais servir à rester plus longtemps au soleil. Pour le mélasma, de nombreux dermatologues conseillent une protection teintée, qui filtre aussi une partie de la lumière visible.
Bien choisir son interlocuteur
Seul un médecin peut traiter une tache, une couperose ou des cicatrices au laser, l’épilation étant le seul acte laser ouvert à d’autres professionnels. Avant de programmer un soin d’automne, les contrôles décrits dans notre article sur le choix d’un médecin esthétique à Marseille restent valables. Parmi les établissements de notre annuaire qui mentionnent des lasers pigmentaires et vasculaires figurent le Centre Laser et Esthétique de l’Hippodrome, dans le 10e, et le Dermapôle, dans le 16e ; l’ensemble des fiches est réuni dans l’annuaire des Bouches-du-Rhône. Pour une vue d’ensemble des techniques, voir notre guide laser et épilation à Marseille.
Questions fréquentes
Peut-on faire une injection juste avant de partir en vacances ?
Mieux vaut garder une marge. Après de l’acide hyaluronique, gonflement et ecchymoses peuvent durer quelques jours, et une retouche demande du temps. Prévoyez deux à trois semaines avant un départ ou un événement.
J’ai commencé une épilation laser au printemps : faut-il l’interrompre l’été ?
Le plus souvent, oui, si la peau bronze. Les séances reprennent une fois la peau débronzée. Votre praticien adaptera le rythme et les réglages.
L’autobronzant pose-t-il problème avant un laser ?
Il modifie la couleur de la peau et doit être signalé avant la séance. Le praticien peut demander d’attendre qu’il ait disparu.
Le soleil d’hiver suffit-il à abîmer un soin ?
Il peut entretenir un mélasma ou foncer une peau fraîchement traitée. La protection quotidienne reste de mise après un soin, même en janvier.
Sources
- Santé.fr, Comment mieux se protéger du soleil ?
- Société française de dermatologie, Traitement par laser épilatoire (fiche patient)
- Société française de dermatologie, Fiche d’information : peelings chimiques « moyens »
- Société française de dermatologie, Traitement par laser fractionné ablatif (fiche patient)
- Société française de dermatologie (groupe laser), Les taches pigmentaires (fiche patient)
- Assurance Maladie, Traitement de la couperose et de la rosacée
- Société française de dermatologie, Informations relatives à la toxine botulinique au niveau du visage
- Direction générale de la santé, Épilation à la lumière pulsée intense et au laser : décret n° 2024-470 du 24 mai 2024


