Ces petits vaisseaux rouges ou violacés qui dessinent un fin réseau sur les joues, les ailes du nez ou le menton portent un nom médical : télangiectasies. Réunis sous le terme de couperose, ils sont fréquents chez les peaux claires et ne disparaissent pas d’eux-mêmes. Le laser vasculaire et la lumière pulsée médicale permettent de les atténuer nettement. Cette page explique comment fonctionnent ces traitements, ce qui les distingue, pourquoi la couperose doit parfois être replacée dans le cadre d’une rosacée et pourquoi l’hiver marseillais est la bonne saison pour s’en occuper. Elle s’inscrit dans notre dossier sur le laser et l’épilation à Marseille.

L’essentiel
- La couperose correspond à une dilatation visible et permanente de petits vaisseaux du visage ; associée à des rougeurs diffuses, elle forme la rosacée dite vasculaire.
- Les lasers vasculaires (KTP, colorant pulsé, Nd:YAG) et la lumière pulsée à filtre vasculaire ciblent l’hémoglobine pour refermer ces vaisseaux.
- Les traitements médicaux de la rosacée calment l’inflammation mais n’effacent pas les vaisseaux déjà dilatés : c’est le domaine du laser.
- Selon l’Assurance Maladie, les séances se font sur peau claire non bronzée, de préférence en hiver, et ne sont pas prises en charge.
- Le traitement ne protège pas de l’apparition de nouveaux vaisseaux : des séances d’entretien peuvent être utiles.
Couperose, érythrose, rosacée : de quoi parle-t-on ?
Le vocabulaire prête à confusion. L’érythrose désigne une rougeur diffuse, permanente ou par bouffées, souvent déclenchée par la chaleur ou l’émotion. La couperose désigne les petits vaisseaux visibles, bien dessinés. Lorsque les deux coexistent, l’Assurance Maladie parle de rosacée vasculaire. La rosacée est une maladie inflammatoire chronique du visage, qui peut aussi prendre une forme dite papulo-pustuleuse, avec des boutons rouges et parfois du pus, sans les points noirs de l’acné.
Cette distinction n’a rien d’académique. Une rosacée inflammatoire se traite d’abord par des médicaments prescrits par un médecin : métronidazole ou ivermectine en application locale, cyclines par voie orale dans les formes plus marquées. Ces traitements calment les poussées, mais l’Assurance Maladie précise par exemple que les cyclines ne réduisent ni les rougeurs ni les télangiectasies. La brimonidine en gel atténue la rougeur pendant quelques heures, sans agir non plus sur la couperose. Le laser vient donc en complément, une fois l’inflammation contrôlée. Notre page consacrée à la rosacée détaille ce traitement de fond.
Les facteurs souvent cités pour aggraver les rougeurs sont la chaleur, le soleil, les variations brusques de température, l’alcool, les boissons chaudes et les plats épicés. Les identifier fait partie de la prise en charge, au même titre que le laser.
Laser vasculaire et lumière pulsée : les options
Les lasers vasculaires utilisent une longueur d’onde absorbée par l’hémoglobine des globules rouges. La chaleur produite coagule le vaisseau, qui se referme puis est résorbé. Dermato-Info, le site de la Société française de dermatologie, et la Revue du Praticien citent quatre outils :
- le laser KTP à 532 nm, classique pour la couperose du visage et les vaisseaux fins et superficiels ;
- le laser à colorant pulsé, entre 585 et 595 nm, référence pour les angiomes plans et efficace sur les rougeurs diffuses ; certains réglages peuvent laisser des ecchymoses violacées quelques jours ;
- le laser Nd:YAG à impulsions longues (1 064 nm), qui pénètre plus profondément et convient aux vaisseaux plus gros ou bleutés, ainsi qu’aux petites veines des jambes ;
- la lumière pulsée intense munie d’un filtre vasculaire, qui couvre de larges surfaces et agit à la fois sur la rougeur diffuse et sur certaines taches.
Le choix appartient au médecin, en fonction du calibre et de la couleur des vaisseaux, de l’étendue des rougeurs et du phototype. Sur une peau mate, la mélanine entre en concurrence avec l’hémoglobine et augmente le risque de taches, ce qui conduit à des réglages plus prudents ou à privilégier le Nd:YAG.

Qui peut traiter la couperose ?
Le décret n° 2024-470 du 24 mai 2024, qui a ouvert le laser et la lumière pulsée aux esthéticiennes et aux infirmiers formés, ne concerne que l’épilation. Le traitement des vaisseaux du visage relève du médecin : dermatologue le plus souvent, ou médecin formé aux lasers. Cette exigence a aussi un sens clinique, car il faut d’abord poser le bon diagnostic. Une rougeur du visage peut révéler une rosacée, mais aussi une dermatite séborrhéique, une allergie de contact ou, plus rarement, une maladie générale. Un examen préalable évite de traiter un symptôme sans en connaître la cause.
Déroulé, séances et suites
La consultation permet d’examiner la peau, de rechercher une rosacée active, de faire le point sur les traitements en cours, notamment photosensibilisants, et de remettre un devis ainsi qu’une fiche d’information, comme le recommande Dermato-Info. La séance dure de quelques minutes à une demi-heure selon la surface. Le patient porte des lunettes de protection ; la sensation de picotement ou de chaleur est atténuée par le refroidissement de l’appareil. Les vaisseaux fins peuvent pâlir ou disparaître dès le passage du laser.
Les suites habituelles sont une rougeur et un léger gonflement pendant quelques heures à quelques jours, parfois de petites croûtes. Avec le colorant pulsé, des marques violacées (purpura) peuvent persister plusieurs jours selon les réglages. La reprise des activités est le plus souvent immédiate, avec un maquillage léger dès que la peau le permet. Plusieurs séances, espacées de quelques semaines, sont généralement nécessaires ; leur nombre dépend de l’étendue et de l’ancienneté de la couperose.
Les complications sont rares : brûlure superficielle, taches brunes ou claires transitoires, surtout sur peau foncée ou bronzée. Le résultat n’est pas définitif au sens où la tendance à former de nouveaux vaisseaux persiste. Une séance d’entretien peut donc être proposée, à distance.
Le calendrier marseillais : traiter l’hiver
L’Assurance Maladie le précise : le laser se fait sur une peau claire non bronzée, de préférence l’hiver. À Marseille, cela laisse une fenêtre utile de novembre à mars. Après chaque séance, la protection solaire est quotidienne, même par temps couvert : crème d’indice 50, chapeau à large bord dès les premiers beaux jours, et ombre aux heures chaudes. Le mistral, le soleil réverbéré par la mer et les écarts de température entre les terrasses et l’intérieur climatisé sollicitent particulièrement les peaux réactives ; un soin apaisant et un nettoyage doux limitent les poussées entre deux séances.
Ceux qui associent couperose et taches de soleil peuvent tirer parti de la lumière pulsée, qui agit sur les deux. Notre page sur les taches pigmentaires rappelle toutefois qu’une lésion brune doit être examinée avant d’être traitée. Si la texture de la peau vous préoccupe aussi, le resurfaçage laser répond à d’autres indications, avec des suites plus lourdes.
Prix et prise en charge
Le traitement de la couperose par laser a une visée esthétique et n’est pas pris en charge par l’Assurance Maladie. La situation est différente pour certaines indications médicales, comme les angiomes plans, dont la prise en charge peut être envisagée. Le coût d’une séance varie selon la surface traitée, l’appareil et le médecin ; le devis remis après consultation doit en préciser le montant et le nombre de séances envisagé. Notre page prix et remboursements explique comment comparer les devis sans se fier au seul tarif affiché.
Parmi les établissements référencés dans notre annuaire qui mentionnent des lasers vasculaires figurent le Centre Laser Dermatologique Esthétique (CLDE) dans le 8e arrondissement, le Centre Laser et Esthétique de l’Hippodrome dans le 10e et La Clinique Laser Marseille dans le 6e. Tous les centres sont réunis dans l’annuaire des Bouches-du-Rhône. Ces cabinets pratiquent souvent aussi le détatouage, autre acte laser réservé aux médecins.
Questions fréquentes
Quelle est la différence entre couperose et rosacée ?
La couperose désigne les petits vaisseaux dilatés visibles. La rosacée est une maladie inflammatoire chronique du visage, qui peut associer rougeurs, couperose et boutons. On peut avoir une couperose isolée, sans rosacée inflammatoire.
Une crème peut-elle faire disparaître la couperose ?
Non. Selon l’Assurance Maladie, la brimonidine réduit la rougeur quelques heures sans agir sur la couperose, et les cyclines orales ne réduisent pas les télangiectasies. Les vaisseaux installés relèvent du laser ou de la lumière pulsée médicale.
Combien de séances faut-il prévoir ?
Le plus souvent quelques séances, espacées de plusieurs semaines, puis éventuellement un entretien. Le médecin en donne une estimation après examen.
Quand faire un laser pour la couperose ?
En hiver, sur une peau non bronzée, comme le recommande l’Assurance Maladie. Sous le soleil marseillais, la période de novembre à mars est la plus adaptée.
Le laser vasculaire est-il remboursé ?
Non, lorsqu’il traite une couperose à visée esthétique. Certaines indications médicales, comme les angiomes plans, peuvent faire exception.
Sources
- Assurance Maladie, Traitement de la couperose et de la rosacée
- Dermato-Info, Les lasers dermatologiques
- La Revue du Praticien, Laser en dermatologie (janvier 2026)
- DGCCRF, FAQ Encadrement des soins esthétiques et de la coiffure
- Direction générale de la santé, Épilation à la lumière pulsée intense et au laser : décret n° 2024-470 du 24 mai 2024 (juin 2024)
- Santé.fr, Comment mieux se protéger du soleil ?